Méga-conférence sur la bauxite, l’alumine et l’aluminium dans le monde

Publié par : Amara Nabé •  article mise à jour : 12 décembre 2017
Méga-conférence sur la bauxite, l’alumine et l’aluminium dans le monde

L’objectif de cette rencontre est de parvenir à contribuer à la promotion d’un secteur minier efficace et efficient, qui garantit à l’État et à la population, des bénéfices économiques et sociaux durables, respectueux des droits des communautés.

La méga-conférence sur la bauxite, l’alumine et l’aluminium dans le monde a eu lieu le lundi 11 décembre à l’Hôtel Riviera. C’est l’ancien ministre de Mines M. Ibrahima Soumah qui a animé cette conférence. La session a été ouverte par le premier ministre Mamady Youla à 9 heures en présence de plusieurs cadres en l’occurrence de M. Abdoulaye Yéro Baldé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique et l’ancien premier ministre Ahmed Tidiane Souaré.

La Guinée envisage de transformer les ressources de la mine en place, notamment de la bauxite en l’alumine et de l’alumine en l’aluminium. La politique pour réaliser cette vision est de mettre en place des infrastructures énergies hydroélectriques, mégas et moyennes. En outre, le développement d’une grande institution de recherche de bauxite, alumine et aluminium pour la formation est aussi pertinent pour le pays. Ceci pourrait être bénéfique en matière de mobilisation de ressources minières, a martelé le premier ministre Youla.

De son côté, le conférencier M. Ibrahima Soumah a donné une actualité économique de la Guinée. Selon lui, la stabilité politique guinéenne et la stabilité économique mondiale peuvent aider la Guinée à une estimation de croissance de 10% d’ici 2020, dans le cas contraire la croissance se limitera à 4%.

Il a aussi indiqué la place qu’occupe la Guinée dans l’industrie minière mondiale. Selon lui, l’arrivée de la Chine a fortement changé les demandes pour le fer en l’acier et l’aluminium. La Guinée n’a pas un marché diversifié de bauxite ; elle subit par conséquent le monopsone ––
“une situation dans un marché où il n’y a qu’un acheteur pour des produits offerts par plusieurs vendeurs” –– de la Chine dans ce secteur.

Selon M. Soumah, la Guinée a des options pour transporter ses minerais du pays profond, notamment de Simandou et de Nimba, aux ports pour l’exportation. Elle peut avoir un chemin de fer transnational qui est idéal et plus rentable à long terme mais plus couteux. Elle peut aussi utiliser le port de San Pedro où 80% de revenu va à la Côte d’Ivoire ; 40% du revenu au port de Monrovia va au Libéria ; le port de Freetown en Sierra Leone coutera moins avec 20% de revenu partant au peuple de ce pays-frère. La Guinée gagne mieux en compagnie de la Sierra Leone avec 80% de revenu.

Le conférencier a informé l’audience des différents produits qui aboutissent à l’aluminium – matière primaire, intermédiaire et finale. L’alumine est un produit intermédiaire de poudre blanche qui est extrait de la bauxite. C’est ce produit intermédiaire qu’on met au four pour obtenir l’aluminium constituant ainsi le produit final. En outre, 45% de la production mondiale de l’aluminium est actuellement consommé par la Chine seule. La Guinée produisait l’alumine à Fria depuis les années 1960 qui a, malheureusement, cessé en 2012, et qui était la seule usine d’alumine en Afrique.

D’après Ibrahima Soumah si la Guinée constitue la plus grande réserve mondiale des bauxites, l’Australie demeure le premier producteur mondial de l’alumine influençant ainsi le prix dans le marché mondial. Par ailleurs, le conférencier a procédé à la présentation d’un tableau qui montre l’historique des revenus de la Guinée dans la bauxite depuis l’Indépendance jusqu’à nos jours soit US$ 955 millions sous la Première République ; US$ 2925 millions sous la deuxième République ; US$ 300 millions sous la transition ; et US$ 1.110.000 sous la troisième République (actuellement au pouvoir).

Le manque du système d’épargne et de vision pour l’utilisation des recettes minières en Guinée constitue un véritable problème. La CBG (Compagnie des bauxites de Guinée) seule peut rendre US$ 75.000.000 par an. Le pays manque le patriotisme économique et la confiance en nous-mêmes, car au lieu de donner les contrats miniers aux consultants nationaux on préfère par complexe d’infériorité les attribuer aux cabinets étrangers, selon lui.

Conclusions et recommandations :
La demande mondiale des bauxites va continuer à monter et la Guinée continuera à jouer un rôle pertinent dans le marché mondial si l’exploitation est socialement et communautairement acceptable. L’État est absent auprès des communautés. Il faut que la population soit informée sur l’importance de l’exploitation de leurs terres sur leur vie en matière d’infrastructures, emplois et protections de l’environnement.

La formation des jeunes cadres dans les universités guinéennes et la cohésion sociale entre de différentes communautés sont indispensable pour le pays afin qu’il tire bénéfice de sa mine.

La sensibilisation des communautés sur l’agriculture dans les zones minières notamment à Banankoro et Siguiri est aussi pertinente dans le cadre de la diversification de l’économie.

Amara Nabé
Email : amaranabey@gmail.com